Sans le soleil l’eau semble complètement noire. Quelques vagues en troublent la surface. Des feuilles de couleur virevoltent avant d’y plonger. Le vent souffle sa mélodie dans la baie et apporte réconfort aux pêcheurs qui occupent la rive.

 J’y plonge un doigt. C’est l’automne, l’eau a déjà commencé à montrer son caractère hivernal glacial. Et pourtant… la température est la même que celle de mon cœur. Je ne ressens plus cette chaleur caractéristique à la vie, aucune chaleur ne coule plus dans mes veines. La petite plage que j’occupe, derrière un rocher, est terriblement déserte.

J’enlève mes bottes en regardant les canards une dernière fois, j’enchaîne avec mon pantalon en regardant les arbres pour immortaliser leur couleur, mes autres vêtements succèdent avec pour chacun un souvenir que je veux imprégner; la beauté du paysage, une montagne au loin, la danse des feuilles… À mesure que mes pas réduisent la distance entre la mer et moi, je sens le poids qui coule de mes épaules…

J’ai envie de hurler! Depuis ce matin que j’essaye de joindre mon médecin et c’est toujours engagé! J’ai réussis à avoir la ligne 2 fois, première fois on m’a mis en attente et après 25 min à patienter sur la ligne je me suis dis que la secrétaire m’avait oublié. Deuxième fois, je réussis à accèder au menu mais quand je compose le code pour avoir du service ça sonne dans le vide. C’est vraiment n’importe quoi !

C’est mon espace ici après tout… Alors si j’ai envie d’écrire de quoi de super déprimée et le poster, c’est mon choix non?!

J’ai juste envie de crier : Fuck my life.

Je me sens tout croche un fois de plus, j’ai les émotions tout mélangé. J’aurais juste envie de dire « ta yeule » à tous ceux qui me disent « Arrête d’y penser ». Oui j’y pense et j’aimerais bien vous voir à ma place pour voir si vous y penseriez pas. Vous avez bin beau me dire que « ca va arriver un jour » … Je vais vous dire un truc : J’men coliss du « un jour » c’est maintenant que j’veux que ça m’arrive. Pourquoi moi faudrait j’attende des mois, des années même alors que y’en a une foule qui ont ça tout cuit dans le bec, qui le méritent même pas…

J’ai décidé de ne pas en parler à tout le monde justement pour m’éviter toute les remarques imbéciles qui font plus chier que d’autre choses. Mais d’un autre côté je me retrouve pas mal tout seule à supporter la peine que j’ai.

Mon chum m’encourage mais j’ai pas l’impression qu’il comprend vraiment. Je crois que les hommes ne fonctionne pas comme nous, ils n’ont pas les mêmes émotions.

Et là j’ai l’air d’une imbécile qui pleure seule devant son bureau (à la réception, bravo championne) au travail… Définitivement : Fuck my life.