La fille du parc

Elle marche surement depuis plusieurs heures à voir la fatigue qui court sur ses traits. Son regard foule le sol, s’enfarge dans les débris abandonnés par des marcheurs négligents, coule comme la dernière neige vers la moindre crevasse. Elle a l’air perdue.

Soudain ses pieds s’arrêtent. Elle regarde à gauche puis à droite. Elle ferme les yeux un instant et décide de s’asseoir sur le seul banc encore libre à cet heure. Emmitouflé dans son grand manteau de laine, elle grelotte, le frisson lui fait courber l’échine.

Elle se met à fouiller dans son grand sac de cuir, se penche sur l’écran de son téléphone pour y trouver l’heure. Ses yeux s’emplissent de larmes, une solitaire coule sur sa joue. Elle a compris. Il ne viendra pas.

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